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BTP : les économistes doivent revoir leurs enveloppes
Publié le 24/04/2018
BTP : les économistes doivent revoir leurs enveloppes

Drôme-Ardèche - L’optimisme est de mise, la reprise est est bien réelle dans le secteur du BTP, y compris en Drôme et en Ardèche. Mais la fédération du BTP reste cependant sur ses gardes : la rentabilité des entreprises n’est que de 2 %. En cause : l’enveloppe sous-dimensionnée des donneurs d’ordres qui se basent sur des prix figés depuis 5 ans, combinée à une hausse récurrente de tous les indicateurs (matières premières, masse salariale, carburant…).

 

Depuis 2 ans, le secteur du bâtiment-travaux publics connaît une reprise constatée sur l’ensemble du territoire national. Avec + 5 % dans le bâtiment et + 4 % dans les travaux publics (TP), l’année 2017 aura été « l’année de la consolidation » selon les représentants de la fédération BTP Drôme-Ardèche. La prévision de croissance pour 2018 est estimée à 2,4 % dans le bâtiment et 4 % dans l’activité TP.

 

Une activité en hausse mais une rentabilité insuffisante

Ces bons résultats - majoritairement tirés par l’activité BTP dans les métropoles - ne doivent cependant pas occulter une réalité paradoxale partagée par l’ensemble des entreprises de ce secteur : une rentabilité de l’ordre de 2 %, suffisante pour assurer la survie de l’entreprise mais bien en dessous du quota nécessaire à sa progression. « Dans les TP, une rentabilité de 2 % signifie vivre de rien.

 

L’entreprise investit l’équivalent de 8 % de son chiffre dans le renouvellement de son parc machines pour assurer l’activité dans les meilleures conditions », explique Hervé Liotard. « Dans le bâtiment, c’est de l’ordre de 7 % que le résultat doit s’élever pour assurer la pérennité de l’entreprise », complète Eric Sautel.

 

Sensibiliser les économistes à un retour aux tarifs réels

En 2017, la Drôme et l’Ardèche ont mis en chantier sensiblement le même nombre de constructions, soit 3 000 logements chacun. « C’est pas mal mais ce n’est pas au niveau d’avant la crise où l’on a connu jusqu’à 5 000 constructions par an », rappelle Gérard Payen.

 

« Cela assure l’activité mais pas forcément la rentabilité des entreprises », précise-t-il. « Les prix pratiqués par les donneurs d’ordres sont trop bas. Il faut sensibiliser les maîtres d’ouvrage et les économistes qui se basent aujourd’hui sur les prix pratiqués il y a 4 ou 5 ans. Les entreprises acceptaient les chantiers parce qu’elles faisaient le dos rond en attendant la reprise. Aujourd’hui il faut réactualiser les tarifs à leur juste niveau », poursuivent les représentants de la FBTP, soulignant au passage que « les collectivités qui se sont engagées en signant la charte de bonnes pratiques jouent le jeu en écartant les moins disants ou les prix anormalement bas pratiqués par certaines entreprises ».

 

« Tout a augmenté : les matières premières, la masse salariale, le carburant, les minima sociaux, etc. », indique Cécile Gruat. « Nous avons besoin d’ajuster nos prix à ceux du marché et de provisionner dans le même temps, pour contribuer notamment à la formation des jeunes ».

 

Les sujets qui mobilisent et qui alertent

La déviation du Teil et de Livron, le rond-point des Couleures mobilisent encore la FBTP qui guette la décision de l’État lequel doit très prochainement voter le montant de l’enveloppe dédiée aux grands projets sur les 20 ans à venir, dans le cadre du Plan Etat Région. « Nous espérons évidemment le montant le plus élevé », le choix étant défini entre 48 Md€, 60 Md€ ou 80 Md€.

 

Autre sujet de mobilisation : le recrutement. « Nous aurons besoin de recruter 900 collaborateurs en Drôme Ardèche en 2018. Pour attirer les nouvelles recrues il est important de re-former les jeunes dans nos entreprises », indique Cécile Gruat. « Nos entreprises recrutent tous les métiers et tous les profils (CAP, Bac Pro, DUT, BTS) », poursuit-elle. « Nous laçons d’ailleurs une plateforme dédiée à l’emploi : Emploi BTP Drôme Ardèche. Il s’agit d’une initiative locale qui vise à faciliter le recrutement dans nos entreprises », concluait Gérard Payen.

 

Corinne Legros

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