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Clairette Rosé : le Conseil d’État n’en veut pas
Publié le 20/01/2018
Clairette Rosé : le Conseil d’État n’en veut pas

Die - Saisi par les adhérents de l’AOC Bugey-cerdon, le Conseil d’état a finalement invalidé le décret de 2016 qui autorisait les viticulteurs du diois à produire de la clairette Rosé. Tout en prenant acte de la décision, ces derniers planchent désormais sur une solution alternative qui leur permettrait de continuer l’aventure en toute légalité.

 

Tout comme certains grands crus ou certains millésimes, les bouteilles de clairette Rosé étiquetées en tant que telles sont-elles appelées à devenir des « collectors » ?

La réponse est oui, indubitablement, mais sans vouloir faire offense aux producteurs, ce ne sera pas pour les mêmes raisons. Nonobstant la qualité intrinsèque du produit, le motif est, dans le cas présent, strictement d’ordre juridique.

 

Le 12 janvier dernier, le Conseil d’État, saisi par les adhérents de l’AOC Bugey-Cerdon qui dès le départ, s’étaient opposés à ce que les producteurs de clairette vinifient des vins rosés, a en effet invalidé le décret de 2016 homologué par le Ministère de l’Agriculture, qui lui, les autorisait à développer et à commercialiser ce produit.  

 

«C’est un choc pour nous. La décision du Conseil d’État remet en cause tout le travail effectué depuis 2010 par la profession pour parvenir à élaborer un vin de qualité. De plus, ce genre de décision s’oppose à l’idée même de permettre à une AOC d’évoluer en France aujourd’hui » estime Fabien Lombard, Président du Syndicat de la Clairette de Die.

 

Et celui-ci de poursuivre : « Cette décision est d’autant plus incompréhensible et injustifiée à nos yeux qu’il ne s’agit pas d’un nouveau produit créé ex nihilo comme l’a considéré le Conseil d’État. La Clairette de Die reconnue appellation d’origine contrôlée depuis 1942, rappelons-le, produisait déjà un vin effervescent rosé au XIXème siècle. L’homologation du cahier des charges de l’AOC Clairette de Die rosé ne constituait donc que la juste récompense du travail de ses vignerons, et s’inscrivait dans une continuité historique propre à l’appellation. Ce vin effervescent conserve la typicité d’une Clairette de Die et est élaboré avec les mêmes cépages en majorité, puisqu’il peut notamment être produit avec 100 % de Muscat à petits grains ».

 

Que faire quand le vin est tiré ?

 

Passée la stupéfaction, la volonté des vignerons du diois de faire valoir leur droit reste néanmoins intacte et ce d’autant plus que cette décision n’est pas sans remettre en cause le développement économique du vignoble, mais également les investissements des entreprises et de l’appellation dans des actions techniques, de promotion et de communication de la Clairette de Die rosé.

 

En vertu de l’adage populaire qui dit que « quand le vin est tiré, il faut le boire », l’AOC a donc décidé de maintenir cette dynamique et d’étudier de nouvelles voies qui doivent lui permettre, dans le respect de la légalité, de poursuivre cette production de rosé effervescent qui avait su trouver son public. Différentes ébauches d’un projet collectif concernant le développement d’un vin effervescent rosé sont actuellement en discussion.

 

Frédéric Rolland

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