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Congrès des maires de la Drôme : des élus vraiment inquiets
Congrès des maires de la Drôme : des élus vraiment inquiets

Nyons - Les maires de la Drôme étaient réunis en congrès, jeudi 19 octobre dernier dans le sud du département au boulodrome de Nyons, en présence des parlementaires (députées et sénateurs-trice) et de la présidente du département, Marie-Pierre Mouton. Les annonces du président Macron concernant le sort des collectivités inquiètent l’ensemble des édiles. Les maires ont pu adresser directement au préfet Eric Spitz, leurs questions concernant notamment la baisse des dotations de l’état, la suppression d’une partie des contrats aidés, la suppression, pour 80 % des foyers, de la taxe d’habitation, ... 

 

Partout en France, les maires sont inquiets. Les maires des petites communes rurales sont les plus inquiets de tous, craignant d’être laissés pour compte dans les grandes actions menées par l’État pour tenter de réformer/simplifier la fiscalité des collectivités et des contribuables.

 

Baisse des dotations : malentendu ou interprétation ?

 

L’annonce d’une “baisse” des dotations aux collectivités d’un montant de 13 milliards d’euros par l’État suscite non seulement l’inquiétude mais surtout la colère des maires français. Mais en réalité, cette baisse de dotations n’est pas une suppression d’aides directes, mais une réduction de la hausse des dotations. “Le Gouvernement souhaite ramener de 2 % à 1,2 % par an (soit une réduction annuelle de 6,2 milliards d’euros), la hausse des dotations aux collectivités. Donc les dotations vont continuer à augmenter en 2018, mais moins !”, explique le préfet Eric Spitz.

 

Suppression de la taxe d’habitation sur 80 % des foyers

 

Quant à la baisse de la taxe d’habitation, source de revenu non négligeable pour les communes, elle sera “compensée à l’euro près” par l’État qui “paiera les produits non perçus, et non les communes”, précise le préfet. “Supprimer la taxe d’habitation est la meilleure décision politique qui ait été prise depuis 30 ans”, s’exclame le sénateur Didier Guillaume. “Car pour la toute première, fois, les ‘Vaches à lait de la République’ vont avoir une taxe qui baisse !”.

 

Les contrats aidés : utiles mais propices à la précarité de l’emploi

 

La suppression d’une partie des contrats aidés, décidée brutalement cet été par l’État, a semé le désarroi dans les communes. Car ces contrats aidés leurs sont très utiles, surtout en milieu rural, voire isolé : auxiliaires de vie scolaire, assistants administratifs dans les bilbliothèques ou les cantines par exemple. Avec seulement un tiers de ces contrats transformés en CDD ou en CDI, l’Ètat les juge “inefficaces et coûteux”, voire même propices à la précarité. En conséquence, près de 150 000 de ces contrats seront supprimés d’ici fin 2017, et 200 000 en 2018. En Drôme, le préfet lui même a étudié chacun des cas pour, in fine, en sauver “une grande majorité”, soit 2 600 contrats. “Ce qui a choqué les maires, c’est la brutalité de la décision de l’Etat. Mais on a été bien servis en Drôme”, déclare le sénateur Gilbert Bouchet. “Nous allons défendre les communes rurales pour qu’elles conservent les contrats aidés indispensables au bon fonctionnement des cantines et des écoles”, affirme la députée Célia Delavergne.

 

Les maux de la fin

 

D’autres doléances ont été exprimées par les maires pendant la séance matinale de questions adressées au préfet, au nombre desquelles figurent les ravages du loup sur les éleveurs, les dispositifs imposés par le règlement départemental de défense extérieure contre l’incendie (RDDECI), la santé publique (déserts médicaux, hôpitaux en danger,...), et enfin des questions relatives à la sécurité des communes.

 

Corinne Legros


Retrouver l'article complet dans l'édition du 21 Octobre 2017
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