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Escroquerie financière : de l‘intérêt d’être vigilant et d’adopter les bons réflexes
Escroquerie financière : de l‘intérêt d’être vigilant et d’adopter les bons réflexes

Rovaltain - Depuis 2010, quelque 2 000 sociétés françaises auraient été victimes d’une entourloupe via de faux ordres de virement à l’étranger telle que notamment l’escroquerie au faux président. Un phénomène particulièrement préjudiciable tant financièrement qu’humainement que la police judiciaire tente d’endiguer comme ses représentants l’ont expliqué lors de la soirée d’information organisée lundi 9 octobre dernier à l’Ineed par le comité local des banques, le MEDEF et la CPME.

 

Michelin, Total, Coca-Cola, Vinci, Nestlé, Eurocopter mais aussi Valrhona, Saint Gobain, LVMH, Virgin, Robertet, etc. : en plus d’être des références dans leurs domaines respectifs, ces entreprises partagent un autre point commun, nettement moins flatteur, lui. Elles font partie des quelque 2 000 entreprises françaises (ou implantées en France) qui ces dernières années, ont été les victimes d’une escroquerie au faux ordre de virement à l’étranger.

Attention : leur taille ne signifie pas que les escrocs à l’origine de ces arnaques ne s’attaquent qu’aux grosses structures, loin de là.”À partir du moment où elle entretient des relations commerciales à l’étranger, n’importe quelle société peut être touchée” s’est chargée de rappeler la Commissaire divisionnaire Judicaël Ruby. Chef de la division économique et financière à la DIPJ de Lyon, elle était ce lundi en fin d’après-midi - ainsi que le contrôleur général - Francis Choukroun, l’invitée du Comité Drôme-Ardèche des Banques, lequel dans le cadre d’un partenariat avec le MEDEF et la CPME a programmé cette réunion d’information consacrée aux FOVI.

 

Un business particulièrement bien rodé

 

La plupart du temps mises en œuvre depuis Israël avec des ramifications dans différents pays de l’Est ou asiatiques, les escroqueries aux faux ordres de virement à l’étranger reposent sur l’application d’une véritable méthodologie qui ne laisse rien au hasard.

“Particulièrement bien renseignés sur les entreprises qu’ils ciblent, dotés d’une force de persuasion certaine, les escrocs surfent sur les opportunités économiques et les failles des systèmes de sécurité qu’ils vont exploiter pour arriver à leur fin. Même si les ficelles sont un peu grosses, leur discours, très insistant, est particulièrement bien rodé, menaçant ou flatteur suivant la résistance qu’ils sentent chez leur interlocuteur qu’ils vont s’attacher à faire passer pour un héros ou à défaut pour un incapable en fonction de son attitude”.

L’arnaque dite “au président” est aujourd’hui la plus utilisée. Se faisant passer pour le PDG ou pour l'un des pontes de l'entreprise en déplacement à l'étranger, l’escroc téléphone - en règle générale en fin de semaine - via un numéro intraçable à un employé du service comptabilité ou trésorerie choisi, selon ses termes, en raison de sa fiabilité et de sa discrétion. Il va alors lui expliquer que pour conclure une opération exceptionnelle, confidentielle et extrêmement urgente, il a absolument besoin que lui soient transférés des fonds le plus vite possible sur un compte spécialement ouvert à ces fins, quitte à s’affranchir des règles en vigueur.

Une autre technique consiste, elle, à jouer sur le patriotisme. En échange de pseudo-arrangements futurs qu’il convient alors de considérer comme un retour sur investissement, les escrocs se font passer auprès des entreprises pour un émissaire du Ministère de la Défense chargé de collecter discrètement des fonds destinés à financer des opérations militaires occultes comme notamment, la lutte contre le terrorisme.

 

Adopter les bons réflexes

 

Face à ce danger, il convient donc d’appliquer quelques principes de précaution simples a-t-il ainsi été rappelé comme notamment le respect scrupuleux d’une procédure interne pour tous virements, la sécurisation des données concernant l’entreprise, l’information en interne sur ce type de pratiques, etc..

 

Frédéric Rolland


Retrouver l'article complet dans l'édition du 14 Octobre 2017
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