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L’UIMM se met à l’heure du big data et de la réalité virtuelle
Publié le 09/05/2018
L’UIMM se met à l’heure du big data et de la réalité virtuelle

Regaillardie après des années de disette, L’industrie française est désormais face à de nouveaux défis : faire face à une pénurie de main-d’œuvre mais aussi réussir sa révolution numérique. Un double objectif qui implique que les entreprises s’approprient les nouveaux outils que sont le big data et la réalité virtuelle, thème central de l’AG.

 

L’avenir de l’industrie française sera numérique ou ne sera pas. Chercher à s’affranchir de cette évidence revient à tourner le dos au futur et à s’inscrire résolument dans un passé qui forcément, ne peut qu’aboutir sur une impasse.

 

Invité par l’UIMM Drôme-Ardèche qui, jeudi dernier, tenait son assemblée générale dans un contexte à nouveau favorable, Alexandre Bouteille (photo en haut à droite) l’a confirmé : « Parce qu’elle amène des fonctionnalités supplémentaires, différenciantes, sources de valeur ajoutée, la digitalisation et l’utilisation du big data est inéluctable et touchera tous les secteurs, tous les business. Mais pour qu’elle soit profitable, elle doit avant tout être maîtrisée sous peine de ternir l’image de la société » estime celui qui occupe les fonctions de Directeur technique pour la région Est de Thalès Services.

 

Relever cet enjeu présente un intérêt majeur pour la métallurgie, confrontée à une forte pénurie de main-d’œuvre en raison de l’inadéquation entre les compétences et les personnes disponibles comme l’a expliqué Étienne Blaise (président de l’UIMM 26/07) : « Ce défi qui consiste à ajuster l’emploi des compétences nécessaires au bon fonctionnement de nos entreprises est de taille, puisque d’ici 2025 dans la métallurgie 110 000 recrutements par an sont prévus en France, dont 1 200 par an en Drôme-Ardèche, et l’industrie française prévoit, elle, de recruter 230 000 personnes par an d’ici à 2025, dont 2 900 par an en Drôme-Ardèche.

 

Alors que nos métiers souffrent d’un déficit d’image récurrent auprès des jeunes, les technologies comme la réalité virtuelle et le déploiement des objets connectés peuvent nous aider à attirer de nouvelles compétences car elles vont profondément modifier certaines pratiques. L’agent de maintenance pourra, par exemple, détecter sur sa tablette un élément défectueux, intervenir à distance, recevoir l’agenda des interventions planifiées, travailler en collaboration avec d’autres agents pour partager et s’enrichir des retours d’expériences ».

 

Des propos corroborés par Laurent Da Dalto, PDG d’une société toulousaine (Mimbus) spécialisée dans la définition de simulateurs utilisant la réalité virtuelle pour former les générations futures, également présent lors de cette soirée : « attirer les jeunes vers les métiers manuels passe par l’intégration de ce type de technologies. La réalité virtuelle permet de plus de s’affranchir de certaines contraintes, notamment en termes de sécurité ».

 

Si la réalité virtuelle représente dans les années à venir un indéniable plus pour recruter les générations futures, la création d’un CFAI en Drôme-Ardèche constitue à court terme la meilleure réponse possible pour attirer des jeunes vers les métiers de la métallurgie et plus largement de l’industrie et permettre ainsi la correspondance entre les jeunes du territoire et les nouveaux métiers du numérique qui vont impacter les entreprises industrielles. Porté depuis plusieurs années par l’UIMM 26/07 et financièrement soutenu à hauteur de 50 % par l’UIMM nationale, ce projet qui initialement devait voir le jour pour la rentrée 2019 sur le plateau de Lautagne est à l’heure actuelle toujours dans les cartons, victime des incertitudes qui accompagnent le projet de réforme de la formation professionnelle initiée par le Gouvernement et auquel les Régions sont hostiles.

 

Frédéric Rolland

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