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Space Aéro, acte II
Publié le 06/01/2018
Space Aéro, acte II

Saint-Vallier - Initié en 2014 par le GIFAS afin d’aider les sous-traitants à élever leur niveau de compétences, le programme Space Aéro entre dans une nouvelle phase. Le 14 décembre dernier, l’une des 5 grappes constituées à l’échelle d’Auvergne-Rhône-Alpes a ainsi officiellement été lancée chez Fly BY Wire. 

 

Dans de nombreux domaines, la taille ne fait pas toujours le bonheur, pas plus que la vitesse, d’ailleurs. L’aéronautique ne fait pas exception à la règle.

 

Tout comme ceux rencontrés à son époque par le supersonique Concorde, les déboires commerciaux que connaît le volumineux A380 en sont la parfaite illustration en plus de constituer également un paradoxe. Si le long courrier XXL éprouve en effet les pires difficultés à séduire les investisseurs en dépit de ses qualités intrinsèques au point d’ailleurs qu’Airbus envisage très sérieusement l’arrêt de sa production (en l’espace de 10 ans, un peu plus de 300 unités seulement a trouvé preneur sur les 1 200 escomptées), les autres modèles du groupe se vendent, eux, comme des petits pains à commencer par l’A320 (photo en haut de page). Son principal concurrent, l’américain Boeing, multiplie lui aussi les signatures en bas des bons commandes grâce à ses modèles phares que sont les 737 et les 787.

 

À eux seuls, les deux grands du secteur auraient ainsi vendu en 2017 près de 2000 appareils tout en produisant chacun dans le même temps plusieurs centaines d’avions, toutes références confondues. Et cette tendance n’est visiblement pas prête de s’inverser. Airbus tout comme Boeing pronostiquent en effet un doublement de la flotte mondiale dans les 20 ans à venir, avec plus de 40 000 avions en service, ce qui représente près de 20 000 appareils supplémentaires par rapport à aujourd’hui.

 

Pour atteindre ces objectifs, les avionneurs vont donc devoir augmenter leur cadence de production, ce qui de facto, implique que les sous-traitants et les fournisseurs n’ont pas d’autre choix que de faire également évoluer leur business-model, tant sur un plan qualitatif que quantitatif pour répondre aux standards exigés par les donneurs d’ordres tout en maîtrisant - voire en réduisant - leurs coûts de production, la croissance des volumes ayant pour corollaire une tension sur les marges.

 

Pour les accompagner dans leurs efforts d’amélioration, le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) s’est doté il y a quelques années d’un outil capable justement d’aider les partenaires industriels des grands groupes et des ETI qu’il fédère à mettre en place des plans d’actions de progrès. Ainsi est né sous l’égide de l’association éponyme, le programme SPACE.

 

Faire progresser la supply-chain

 

Conçu pour améliorer l’efficacité des PME et resserrer les liens entre donneurs d’ordres et exécutants, SPACE repose sur une méthodologie organisée en briques de maturité, basée sur un diagnostic et des objectifs à atteindre via la mise en place de conseils, d’actions, d’indicateurs et de formations déployées sur le terrain via des consultants spécialisés qui interviennent auprès des entreprises ciblées. Particularité de cette démarche qui se veut à la fois individuelle sur certains points et collective sur d’autres : les Pme sont regroupées en grappes régionales autour de leaders clairement identifiés, lesquels « sélectionnent » les sous-traitants qu’ils souhaitent voir monter en compétence et les points faibles qu’il convient de corriger chez eux.

Au cours de ces trois dernières années, une soixantaine de Pme de la région dont une douzaine basée en Drôme-Ardèche a pu bénéficier du programme SPACE.

 

Les travaux ont surtout porté sur l”amélioration de la performance opérationnelle des Pme vue par le client avec des résultats plus que significatifs en matière de ponctualité (réduction des retards livraison de 40 %) et de qualité (baisse de 50 % du nombre de pièces non-conformes) et ce, sans qu’elles aient forcément de gros investissements à faire, la mise en place d’une nouvelle organisation, plus rigoureuse notamment en matière de planification suffisant parfois.

 

Bénéficiant cette fois du soutien financier de la Région et non plus de l’État, une seconde phase a démarré cet automne pour une durée de trois ans. À l’échelle d’Auvergne-Rhône-Alpes, cinq grappes regroupant une quarantaine d’entreprises ont été constituées dont une autour de la société drômoise Fly By Wire Systems France (ex SKF). L’objectif recherché reste le même : continuer à améliorer la performance de la supply-chain pour tendre vers l’excellence et accompagner la hausse des carnets de commande des avionneurs, ce qui implique souplesse et réactivité.

 

Frédéric Rolland 

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